Le patois

Les avis ont bien évolué sur la question du patois. Voici ce qu'on pouvait lire dans la "Géographie du département du Cantal par Adolphe Joanne " (librairie Hachette et Cie - 1875) :
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Le patois d'Auvergne, idiome usuel, sans grace et sans harmonie, des populations cantaliennes, composé en grande partie de mots latins dénaturés avec des terminaisons en a, est une des formes du roman du midi de la France."

On admet aujourd'hui que les parlers d'Auvergne sont une des composantes de l'Occitan.
Le Cantal est traversé depuis l'ouest, entre Mauriac et Aurillac, jusqu'au Lioran, puis vers le sud en passant à l'ouest de Chaudes-Aigues, par la limite de C+A qui donne "Capel" (le chapeau) au sud et "Chapel" ou "Tsapel" au nord.
C'est cette ligne qui délimite conventionnellement le sud-occitan du nord-occitan.
Saint-Illide se trouve à l'extrème nord de la zone du sud-occitan.

Claude Duneton, linguiste d'origine limousine, développe, dans son livre "Parler croquant" (Stock - 1973), une théorie intéressante sur les rapports entre le patois du Cantal et sa topologie : "De temps en temps, on aperçoit une maison accrochée là-haut, à mi-pente, au bout du sentier qui y conduit. Je me dis toujours que les gens qui habitent ces demeures ne doivent pas être très bavards. Parce que si l'on grimpe à plusieurs ce sentier en lacet, de deux choses l'une : ou bien on parle en marchant et on n'arrivera jamais en haut, à cause du souffle, ou bien on monte en mesurant ses pas, avec une démarche lente et prudente, et l'on s'interdit toute conversation. Si l'on s'arrête pour reprendre haleine, on pourra échanger un ou deux mots brefs et c'est tout. Comment veut-on que des gens nés et élevés dans ces montagnes soient des causeurs légers, diserts et extravertis ! Ils gardent leurs discours, comme ils gardent leurs costumes, pour les dimanches et les jours de fête. Cela a-t-il une répercussion sur la langue qu'ils parlent ? Très certainement. L'Occitan d'Auvergne est plus sourd, plus rude dans sa prononciation, que, par exemple, le Provençal qui est plus clair et, toutes proportions gardées, plus mondain.

Il est reconnu que, vers le milieu du XIXe siècle, la population vivant en Auvergne s'exprimait majoritairement en occitan. En 1950 encore, toute la campagne auvergnate parlait occitan et était bilingue. C'est à cette époque que le patois a commencé à connaître un fort déclin. La langue s'est alors peu à peu retirée au fond des maisons et des fermes. Aujourd'hui, à Saint-Illide comme ailleurs dans le Cantal, cette langue, qui rayonna dans l'Europe entière, se meurt dans l'indifférence générale. L'Atlas 2009 international des langues en péril (UNESCO) considère l'Auvergnat comme "sérieusement en danger".